Vous avez pris la direction générale de Veepee|ad le 2 septembre. Avec quel regard abordez-vous aujourd’hui le marché du retail media, et quels seront vos premiers grands chantiers ?
Le retail media a énormément grandi, et avec lui les attentes des marques : elles veulent évidemment de la performance, mais aussi de la découverte, de l’engagement et de la preuve.
Je viens d’arriver, donc mon premier chantier est d’écouter les équipes, mais surtout nos clients et nos agences, pour comprendre très précisément leurs enjeux et identifier là où Veepee|ad peut leur apporter encore davantage de valeur.
Mais j’ai déjà une conviction : Veepee a une position assez singulière. Nos membres viennent pour shopper, sans nécessairement savoir encore ce qu’ils vont acheter. Chez Veepee, la découverte d’une marque ou d’un produit ne se fait donc pas à distance du commerce : elle se fait au sein même d’une expérience de shopping.
C’est ce qui donne toute leur valeur à nos actifs : notre communauté de membres, une first-party data nourrie par des comportements d’achat réels et des formats branding très puissants.
Mes premiers chantiers seront de continuer à développer des offres retail media 360°, de la découverte jusqu’à l’achat et au réachat. Je crois notamment beaucoup au potentiel du branding : le retail media ne doit pas seulement capter une intention d’achat existante, il peut aussi contribuer à la faire naître.
Enfin, nous poursuivrons l’innovation autour de nouveaux usages, avec une exigence essentielle : toujours mieux démontrer la valeur créée pour les marques.
Le retail media s’est considérablement développé, mais aussi complexifié, entre branding, performance, data, commerce et multiplication des points de contact. Comment retrouver davantage de cohérence sans perdre la richesse de ces différents leviers ?
Je crois qu’il faut d’abord repartir du consommateur. Parce que le consommateur, lui, n’est pas fragmenté entre branding, performance, CRM ou retail media. Dans la vraie vie, il découvre une marque, s’y intéresse, la recherche, voit passer une offre, achète ou pas, puis peut y revenir.
Le risque, avec la multiplication des canaux, des formats et des technologies, c’est que notre industrie finisse par fragmenter ce parcours, mais aussi les investissements et la lecture de leur performance.
La cohérence consiste donc à partir de l’objectif business de la marque et de ce qu’elle cherche à provoquer chez le consommateur, plutôt que d’empiler des formats.
Et chez Veepee, c’est très concret : nous pouvons faire découvrir une marque avec une Carte Rose, générer du trafic vers une vente avec un Booster, capter une intention active avec le Search ou agir directement sur un comportement d’achat avec RoseDeals.
La mesure doit suivre la même logique : partir de l’objectif initial, définir les bons KPIs et donner à la marque une lecture claire de la valeur créée.
Finalement, la richesse des leviers n’est pas le problème. C’est même une force. L’enjeu est de savoir lesquels mobiliser et comment les articuler pour répondre au bon objectif.